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DIANNE REEVES, Villefranche sur Saône

D 16 novembre 2008     H 08:58     A Yves Dorison    


Un professionnel doit s’adapter à toutes les situations. Dianne Reeves est une grande professionnelle. Son concert à Villefranche sur Sâone, initialement prévu dans le théâtre, était déplacé au palais des sports de la ville, suite aux inondations de la semaine dernière. Là, imaginez les spectateurs assis sur des gradins en béton d’un côté de la salle, sous les encarts publicitaires pour le concessionnaire du coin ou le marchand de fuel et, au centre, posée sur le parquet, la scène, à quinze mètres du premier auditeur. Drôle d’ambiance en vérité, accentuée par l’acoustique particulière à ce genre de lieux (qui, soit dit en passant, n’était pas mauvaise).

Dianne Reeves -  voir en grand cette image
Dianne Reeves
Villefranche sur Saône, 13/11/2008

Le premier morceau fut l’affaire de ses musiciens. Greg Hutchinson, Darryl Hall, Peter Martin et Peter Sprague chauffèrent la salle avec un brio et une entente notables. Dès son entrée en scène, Diane Reeves sut créer la complicité avec le public par des propos adaptés à la situation. Très à l’aise et communicative, elle déroula, deux heures durant un concert aux accents multiples, proche d’une certaine perfection formelle. Sa dédicace à Barack Obama fut très applaudie, tout autant que son hommage à Miriam Makeba très « soulful ». Le public invité a chanter, ne se fit pas prier. Marquante également la connivence entre elle et ses musiciens qui aboutit à une juste démonstration de leur talent sans cependant devenir un étalage fastidieux de soli successifs. Cerise sur le gâteau, Miss Reeves participa à une longue séance de dédicace dès sa sortie de scène, ce que peu de grands acceptent encore de faire.

Peter Sprague, Darryl Hall, Dianne Reeves, Peter Martin & Greg Hutchinson -  voir en grand cette image
Peter Sprague, Darryl Hall, Dianne Reeves, Peter Martin & Greg Hutchinson
Villefranche sur Saône, 13/11/2008

Dianne Reeves prend de l’ampleur avec l’âge et ce n’est pas une remarque désagréable. Elle semble plus épanouie que par le passé parce que plus proche de sa vérité intime. La profondeur de sa voix, par moment abyssale, soutenue par un travail nuancé sur la couleur, l’éclectisme de son répertoire, sa capacité d’assimilation des genres, son talent d’improvisatrice, font d’elle aujourd’hui la vocaliste exceptionnelle de son époque, dans la ligne de ses illustres ainées et loin, très loin devant les autres. Nous n’en avions pas été totalement convaincus jusqu’à présent. C’est fait.


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