« Le jazz tisse sa toile... »
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Les Pérambulations Du Pérégrin - 59

D 27 mars 2017     H 14:00     A Yves Dorison    


Centième étape

Pour notre première soirée au festival A Vaulx Jazz, trentième édition, nous trouvâmes un peu de l’esprit du jazz chez Naïssam Jalal. En cherchant bien, quelques onces du dit-esprit n’apparurent pas chez l’éclectique, et en l’occurrence très électrique, Marc Ribot au hasard des envolées bruitistes post punk de son « Ceramic Dog ». Mais c’était en cherchant bien, n’est-ce pas. D’ailleurs au sein de la programmation, il nous a fallu creuser pour trouver un peu de jazz, stricto sensu. Si par le passé ce festival faisait déjà preuve d’ouverture sans que jamais on ne le lui reprochât, nous nous étonnâmes cependant un tant soi peu de cette édition 2017 qui sembla, sur la grande scène du centre culturel, avoir oublié, pour le moins, ses fondamentaux.

Naïssam Jalal -  voir en grand cette image
Naïssam Jalal

Ce vendredi17 mars, nous commençâmes donc par le projet « Rythms of resistance  » de la flûtiste franco- syrienne Naïssam Jalal. Avec une flûte à vif, plus particulièrement axée sur les douleurs du peuple syrien, Naïssam Jalal traduit en musique un esprit de résistance et un engagement non feint au service des causes qui la touchent. Constitué de musiciens fidèles, son quintet possède une homogénéité qui lui permet de dérouler sa musique sans accroc. A quelques moments la puissance musicale de la musicienne nous emporta. Hélas, l’équilibre (la platitude) de la façade ne rendait pas justice au son d’ensemble de la formation, ce qui handicapa notre écoute et nous priva de ressentir pleinement la portée de cette musique de l’âme chargée de sens. Ce fut néanmoins une belle découverte offerte par A Vaulx Jazz et nous étonner, c’est avant tout ce que l’on demande à un festival.


Marc Ribot -  voir en grand cette image
Marc Ribot

Quant au guitariste sexagénaire du New Jersey qui suivit, il fit confiance aux watts pour capter l’attention du public. Engagé, il nous assura débuter par un nouveau morceau intitulé «  Fuck Donald Trump ». Depuis nous avons écouté le dit titre sous un autre nom sur Internet. Alors de deux choses l’une, soit nos oreilles sont complètement niquées, soit Marc Ribot fait du recyclage, au gré des besoins, pour la cause. Bon cela ne nous inquiéta pas plus que ça, son propos étant clairement de délivrer un rock post punk « powerful » sans compromis où l’approximation avait toute sa place. Mais n’est-ce pas le charme de cette musique que de casser les codes ? Certainement. Cependant, avec le temps, faire bacchanal de la sorte est devenu classique et la musique qui en sort est généralement, et terriblement, prévisible. Il advint donc que nous préférâmes nous éloigner du front de scène afin d’économiser nos esgourdes. Ne soyez pas déçus, nous ne le fûmes pas bien que la version jazz de Marc Ribot soit notre préférée. On ne se refait pas, n’est-ce pas ? Et en ce 17 mars qui vit naître en 1231 l’empereur japonais nommé Shijõ qui, comme tout le monde le sait, régna de sa première année jusqu’à sa mort, soit une décade, nous passâmes une aimable soirée en bonne compagnie, mais sans la folichonnerie des années passées. Était-ce dû aux incertitudes qui pèsent sur l’avenir du festival ?


Dans nos oreilles

Murray Perahia - Bach, Goldberg variationen


Devant nos yeux

Imre Kertesz - Journal de galère