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Le Pérégrin Pérambule encore - 8

D 21 juillet 2018     H 05:00     A Yves Dorison    


Huitième équipée

info document -  voir en grand cette imageL’autre samedi, j’avais de nouveau trainé mes basques au Bémol 5 pour découvrir/écouter/voir/photographier la chanteuse Jenny Davis, native de Seattle, accompagnée par un bloc de swing local (David Bressat au piano, Ben Guyot à la contrebasse et Nicolas Serret à la batterie). N’ayant jamais rien entendu d’elle auparavant, mes conduits auditifs étaient donc exempts de tout a priori, ce qui augmenta l’agréabilité du dévoilement en favorisant l’étonnement. Ceci se déroulait un 7 juillet, jour où naquit en 1924 la chanteuse Iris Colleen Summers, dite Mary Ford, qui connut dans les années cinquante un succès notoire en duo avec son mari, Lester William Polsfuss, plus identifiable sous le nom de Les Paul. Et si le pérégrin peut vous donner un conseil amical, évitez la quasi intégralité de leurs disques.

N’étant pas cernée par des branquignols et ayant pris la peine de répéter, il fut aisé à madame Davis d’imposer son style dans une ambiance mainstream chaleureuse. Elle interpréta remarquablement plus de standards bien choisis que de compositions personnelles, ces dernières étant d’ailleurs notablement bien écrites. Avec un phrasé délié, une diction cristalline et une musicalité impeccable, elle assura les deux sets avec un bel aplomb et une finesse distinguée. Musicienne émérite, elle joua avec sa voix comme savent le faire celles et ceux qui sont capables de dépasser la technique pour mieux se concentrer sur l’émotion et creuser les textes. Bien soutenue par l’inventivité du pianiste, la rugosité habitée du contrebassiste et le placement clair du batteur, elle put contrôler en souplesse son discours musical, ne manquant pas au passage de livrer des improvisations où chaque note sembla trempée dans un bon vieux swing des familles. Les pénibles vous diront que c’était une soirée passéiste. Les plus intelligents leur répondront que ce fut une soirée musicale et que le jazz est intemporel quand les musiciens qui le jouent aiment leur idiome et l’utilise avec autorité. Que dirais-je pour ma part sinon qu’il est heureux de se faire plaisir en toute simplicité ? Je pourrais néanmoins ajouter pour en finir avec le 07 juillet (jusqu’à l’année prochaine, allez savoir…) que c’est le jour de naissance de Joe Zawinul (1932) et de Gustav Mahler (1860). Comme quoi l’on peut naître autrichien et avoir du talent.


Dans nos oreilles

Neil Young - Rust never sleeps


Devant nos yeux

Jean Starobinski - La beauté du monde


Le Bémol 5

Jenny Davis