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Continuum

Un duo augmenté : Rousseau, Larché + Desandre Navarre

D 28 mai 2019     H 22:10     A Alain Gauthier (texte)    


Dans le foyer-bar du Théâtre 71, les premiers arrivants entament leur intense préparation de spectateurs grâce au traiteur aux petits soins pour eux, plat du jour, desserts gouleyants et boissons idoines, on sent qu’on est dans une année olympique.
Yves Rousseau, contrebasse et Jean-Marc Larché invitent Xavier Desandre Navarre percussions, pour leur programme Continuum.

Qui commence par une balade méditative, mélodique et mélodieuse, on se sent respirer, on prend son temps, on n’est pas à France Telecom. Cette suite ( Ambre et l’Envol ) donne le ton de la soirée : pas de contrôle parental, on peut amener des enfants, rien ne choquera leurs chastes oreilles, aucun son ne viendra les traumatiser à vie. Larché produit un son lisse, sans échardes ni barbelés, qui n’est pas sans rappeler John Surman. La basse délivre un son ( qui n’était pas emprisonné.... ) rond, plein, franc, clair. Derrière, Desandre Navarre s’insinue dans des interstices. C’est une musique de salon épatante pour un soir tranquille. Dans le morceau dédié au peintre Hundertwasser, la basse a un goût de Amir de Texier, Desandre Navarre tricote une dentelle sonore aux points discrets, élégants, sobres ; il aggrave les interstices, crée des béances spatiales. Leur musique est si bien léchée qu’on se demande s’il ne s’agit pas de musique cunnilinguale. Une suite baroque nous emmène du côté du grand Jean Sébastien et aussi des variations Goldberg. Et, chose étrange, il y a comme un fantôme de Jean-Christian Michel qui passe un bref instant. Un son du sax peut-être ? Une résonance d’un gong ? Le tout sonne classique : le phrasé, l’articulation et les attaques de Larché, le walk de la basse et ses soli si clairs et précis. Rien ne dépasse de leur musique qui ferait penser qu’un jour, la fureur du free s’est élevée hors des salons.
On les rappelle bien sûr.


Vendredi 24 mai 2019
Théâtre 71
3 Place du 11 Novembre
92240 Malakoff

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