samedi 13 décembre 2025

Ballaké Sissoko : kora
Vincent Ségal : violoncelle
Emile Parisien : saxophone soprano
Vincent Peirani : accordéon, accordina


Il y a des « premières » qui marquent ; ce soir là ce sera une « dernière » qui restera dans les esprits puisqu’après trois années d’existence, les Egarés- selon l’accordéoniste Vincent Peirani - vont se séparer, une fois ce dernier concert donné . Soir de « dernière » pour ce quartette singulier soutenu par un théâtre qui avait fait le plein de spectateurs pour cette ultime prestation commune.
Qu’on se rassure nos compères ne seront pas orphelins pour autant. 3O ans d’existence pour le duo Segal-Ballako et plus d’une décennie pour les Peirani-Parisien ne devraient pas rester longtemps sans lendemain.
La réunion en un quartette de deux duos pour cause d’affinités n’est pas banale et témoigne en retour d’une grande complicité qui se voit sur scène et s’entend musicalement.
Assis tous les quatre en quasi demi cercle, de gauche à droite, l’ accordéon de Vincent Peirani ,la kora de Ballaké Sissoko aux côtés du violoncelle de Vincent Ségal et enfin du saxophone soprano d’Emile Parisien ; voilà, en effet, une scénographie et une instrumentation originales pour un concert de jazz.
Jazz or not jazz cependant là n’était pas la question pour ces centaines d’auditeurs présents pour qui les influences se laissaient deviner au fil des instruments, des compositions et des arrangements. Du côté des Balkans pour l’un, de l’Afrique pour l’autre, classique pour le troisième et de la musique improvisée pour le dernier (qui, le naturel revenant au galop, peinait à tenir en place sur sa chaise dans ses soli).
Bref, ces individualités au style par ailleurs aisément reconnaissable convergeaient le plus naturellement du monde vers un univers musical collectif inédit, sans être solubles pour autant.
Chacun y trouvait son comptant ainsi que l’attestait l’enthousiasme constant du public.
De "la claque" démonstrative des uns, à la découverte pour certains ou aux retrouvailles pour les autres : cette « dernière « des Egarés avait tout d’une soirée de gala de « première ».

Photo, Marseille, 2024 : Christian Ducasse