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CHK AU FESTIVAL SUR LIGNON

D 17 août 2009     H 10:12     A Yves Dorison    


On entend dire, de temps à autre, que le trio CHK propose un jazz minimaliste, ce qui peut être interprété par certains comme une façon polie de signifier l’ennui.. Or donc, tout musicien de jazz attentif au choix des notes et résolument tourné vers l’espace introspectif est minimaliste... On compte alors, non sans peine, le nombre deprestigieux jazzmen ennuyeux qui ont sévi depuis presque un siècle...

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Nous préférons penser, après le concert du trio au Festival sur Lignon, que les musiciens de ce trio ne sont pas dans l’air du temps. Dans une société qui se veut spectaculaire et valorise l’indécence, toute inclination à la finesse relève donc de la mièvrerie, de la fadeur. Nous, soyons clairs, nous apprécions pleinement la monotonie et l’insignifiance, la banalité et la paleur, la platitude et les fadaises. Il nous est conséquemment loisible d’écouter/voir un batteur (Rémi Kaprielan) caresser les peaux, suspendre le tempo. Il nous est également agréable d’avoir affaire à un contrebassiste mélodique (Denis Hénault Parizel) qui ne fait pas de la performance son crédo. Il est aussi réjouissant pour nous qu’un pianiste (Raphaël Chambouvet) à l’écoute de ses partenaires sache rendre ses lettres de noblesse à la demi-mesure contre la démesure. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.au fond. La profondeur n’est pas au goût du jour. Elle, qui s’exprime volontiers par la douceur, ne recherche paradoxalement que l’élévation. Mais n’est-ce pas en mesurant l’abîme qu’on découvre la hauteur ? L’année passée, le chemin musical qu’emprunte le trio CHK a séduit le jury du concours national de jazz de La Défense. Ce n’est pas un hasard. Il séduit de même les auditeurs qui savent que l’attente est une quête et que l’authentique est incompatible avec l’éclat douteux de la pacotille musicale si souvent promue de nos jours jusque dans le monde du jazz.

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En seconde partie de soirée, le trio a iinvité le trompettiste Fred Roudet pour accompagner la projection d’un diaporama dédié à Fay sur Lignon. Là aussi, la finesse fut au rendez-vous et le meilleur de l’improvisation s’est exprimé par l’engagement musical sincère des musiciens. Le quartet a su traduire l’atmosphère du diaporama en proposant une lecture réactive pleine d’à propos, et toujours par la finesse des et l’élégance des formes.

http://www.myspace.com/chktrio

Festival sur Lignon

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