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Jazzitudes en Pays d’Auge 2019

D 21 septembre 2019     H 12:30     A Jean-Louis Libois    


Vingtième édition de Jazzitudes : l’un des plus vieux festivals en (ex) Basse Normandie si on excepte l’ancestral et malgré tout toujours vert, Jazz sous les pommiers tandis que Jazz dans les prés- l’un des plus sympathiques- vit sa cinquième saison d’itinérance dans le temps (mars –novembre) et dans l’espace (Orne, Manche Calvados). Le plus récent Jazz en Baie (10 années d’existence quand même) mélange le jazz à toutes les sauces (électro/pop, pop/rock, pop/ jazz, soul/ jazz, blues/rock, jazz/ rock,…ne lui attribuant que deux concerts au total [1]. Pour sa part, Jazz Escales ne connaîtra jamais de douzième édition (initialement prévue en 2018) et restera à quai dans le port de Ouistreham sans raisons officielles énoncées. Quant au tout nouveau Gulf Stream Jazz Festival inauguré l’an passé à Carteret dans la Manche, avec la présence Kyle Eastwood , il a enchaîné une deuxième édition mi –juillet dernier. Sans oublier Pan, festival caennais plus underground en apparence et néanmoins très convivial qui donne rendez-vous aux aventuriers du jazz en octobre prochain pour sa 8ème édition.

Bref, à Lisieux, Jazzitudes rempile pour une vingtième saison avec sa semaine de stages, d’animations, de jam session... et bien sûr de concerts.
Ellinoa Wanderlust Orchestra et Captain pour un hommage à Aretha Franklin ( avec Deborah Tanguy au chant, Olivier Louvel à la guitare…) se sont déjà succédés les vendredi-samedi.
Place ce dimanche ; fin d’après midi, au trio Géraldine Laurent « Looking for Parker ». Au plaisir d’être en pays de connaissance –la plupart des compositions originales ou des standards que le saxophoniste a interprétés nous sont familiers- succède celui du dépaysement avant le retour –le plus souvent- au rivage initial. Tout l’art du trio de Géraldine Laurent est dans cette revisitation qui prend souvent la forme d’une quasi création. Il faut dire que la guitare de Manu Codjia contribue largement à créer ce sentiment d’étrangeté ajoutée à la batterie de Christophe Marguet très réactif. On se perd, on se reconnaît, la musique bifurque : la recherche de Charlie Parker est à ce prix- semble nous dire la talentueuse saxophoniste. Ne fait-elle pas d’ailleurs subir à l’inventeur du be bop le sort que lui-même a fait connaître aux musiques de ses prédécesseurs ? En ce sens la musique du trio est fidèle à son inspirateur. J’écoutais récemment un disque de Parker et je me suis dit : ce type avait transgressé les lois sans les nier - pouvait ainsi dire Georges Perec. Alors Charlie Parker retrouvé ? La recherche n’est certes pas finie.
Looking for Parker a fait l’objet d’un enregistrement CD en 2013 dont Pierre Gros dans ses mêmes colonnes disait le plus grand bien (CultureJazz - 25 avril 2013)

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Dadada ne cherche pas, il trouve. Ces inventeurs font en effet merveille et cultive l’art de la surprise. Musique parfois sérieuse, tantôt facétieuse, elle ne laisse guère le temps à son auditeur de se confondre en jugements de valeurs. Chacun semble inventer de son côté, le pianiste Roberto Negro, le batteur Michele Rabia et bien sûr le saxophoniste Émile Parisien, libre de ses mouvements alors qu’une mise en place bien réelle, apporte une indéniable cohésion à l’ensemble, sans esprit de synthèse pour autant .
Piano préparé, percussions électro encadrent la folie joyeuse et joueuse du saxo. Classique, pop… tout est bon à ces musiciens pour faire leur miel et nous faire passer de l’autre côté du jazz où l’imagination est dès lors au pouvoir. Jouer sans entraves semble être le but suprême du trio. Son énergie fait le reste et le public en redemande. On se reportera également la rubrique discographique -plus qu’élogieuse- d’Alain Gauthier (CultureJazz - janvier 2017)

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Photos : Sophie de Courrèges

Géraldine Laurent trio : Géraldine Laurent saxophone/ Christophe Marguet batterie/ Manu Codjia guitare

Dadada : Roberto Negro piano/ Emile Parisien saxophone, Michele Rabbia batterie, électronique


www.jazzitudes.com


[1Le tout récent billet d’humeur de notre ami Thierry Giard évoquant ces mêmes festivals normands mesure l’ampleur des dégâts sur zarbalib.fr.

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