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Kenny Garrett Quintet au Théâtre de Caen

Do Your dance

D 24 février 2020     H 05:00     A Jean-Louis Libois    


Quel plaisir de constater que le public présent ce samedi 25 janvier pour le quarantième anniversaire de Jazz dans les foyers du Théâtre de Caen, inauguré par M.Dubourg en 1980, était presque aussi nombreux que celui des postulants à la retraite qui déambulaient dans les rues non loin de là, et ce pour un concert hommage à celui qui a incarné à la fois le caractère populaire du jazz, une certaine juvénilité ainsi qu’une incontestable longévité, à savoir le violoniste Stéphane Grappelli . Et c’est à des “jeunots” que revenait de fêter cet évènement. L’un d’entre-eux comme il se doit- caennais d’origine- vient de célébrer lui aussi ses 40 ans de carrière et, apparemment, n’a pas envie de décrocher. Il s’agit du contrebassiste Jean Philippe Viret. Ce trio était complété par Sébastien Giniaux à la guitare et au violoncelle et bien sûr par celui qui donne son nom au groupe, le violoniste Mathias Lévy.

Place donc maintenant à la grande salle du Théâtre-où nous étions là bien présent- et au second concert de l’année 2020. Il aurait dû être le concert inaugural puisqu’initialement prévu le 17 janvier avant d’être reporté à ce vendredi 14 février ; ce qui a eu pour conséquence indirecte de priver le même(?) public du concert donné ce même soir par le trio de Laurent de Wilde au Théâtre d’Hérouville, situé à quelques kilomètres de là .
Il y avait, en tous cas, la foule des grands jours dans la grande salle du théâtre de Caen . Certainement précédé de sa renommée de showman, Kenny Garrett a rempli son contrat. Restait à tenir son public deux heures durant. Cela a été chose faite. Après un départ pour marquer son territoire, celui d’un jazz énergique qui laisse peu de place aux éventuels états d’âme du spectateur, celui-ci assiste à un concert de jazz et Kenny Garrett et sa bande ne lui laisseront pas de répit. C’est surtout vrai pour l’omniprésente rythmique - bourrée par ailleurs de talent-(Corcoran Holt à la contrebasse, Samuel Lavison à la batterie et Rudy Bird aux percussions) et moins pour le pianiste Vernell Brown souvent, de ce fait, rendu peu audible. Lancée cette machine à funk plus qu’à swing entraîne le public dans son sillage et ne le lâche plus ; Kenny Garrett abandonnant de plus en plus le saxo pour la voix, scatant ,slamant ,rappant. ….. Qu’on ne se méprenne pas : beaucoup de musique avant cela, avec le sentiment d’assister à un concert de jazz à l’ancienne, c’est-à dire avec des musiciens généreux, une musique extravertie et finalement festive. Ce qui n’empêche nullement Kenny Garrett de connaître ses classiques si on peut dire ; funky certes mais aussi hard bop, free... Cette grand messe du jazz fait, au beaucoup du compte, plaisir à voir. Et que le jazz laisse progressivement la place à la danse (façon de parler dans un théâtre à l’italienne) !) serait une autre histoire si le dernier CD de Kenny Garrett n’avait pour titre Do your dance. Même si ,en un sens, quand la danse est là, le jazz s’en va.

Kenny Garrett  : saxophone
Vernell Brown : piano
Corcoran Holt : contrebasse
Samuel Lavison : batterie
Rudy Bird percussion


Photo : Gérard Boisnel