KURT ELLING & THE WDR BIG BAND . In the brass palace

Westdeutscher Rundfunk

Kurt Elling : voix
Bob Mintzer : saxophone, direction

WDR Big Band Cologne

Billy Test : piano
John Goldsby : contrebasse
Hans Dekker : batterie
Wim Both, Rob Bruynen, Andy Haderer, Ruud Breuls, Carlo Nardozza : trompettes
Jonathan Böbel, Raphael Klemm, Andy Hunter, Mattis Cederberg : Trombones
Johan Hörlén, Karolina Strassmayer, Ben Fitzpatrick, Paul Heller, Jens Neufang : saxophones & vents

Un big band avec un chanteur au service d’une galette pur jazz, ce n’est pas si souvent. Le WDR de Cologne, on connait. Tout comme le NDR Big band, c’est une machine à swing ouverte sur le présent. C’est aussi un orchestre animé par un mouvement d’horlogerie helvète duquel sort une musique particulièrement riche et détaillée, nourrie de nuances précises qui assoient sa musicalité. Le chanteur, c’est Kurt Elling (1967). Multiprimé, il est le plus moderne des chanteurs de jazz et se risque là où les autres ne vont pas ; et son art vocal étant parfaitement personnel, il a réussi au cours des années à créer un style, le sien, que d’aucuns pensent être la norme du chanteur jazzman des temps modernes. Libre dans ses choix et curieux de tout, il construit avec sa voix de baryton un modèle de chant original qui le démarque par sa précision, son sens de la nuance et la musicalité qui en découle. De facto, c’est ce que l’on a dit du WDR big band ci-dessus. Pas étonnant donc que la rencontre soit une réussite à tout point de vue, avec un son d’ensemble homogène et des solistes inspirés qui soutiennent remarquablement le propos du chanteur, et qu’elle laisse après la première écoute l’envie d’y revenir encore. Recommandé.


https://kurtelling.com/


  VITAL SPARK . Music of Kenny Wheeler

Edition Records

Norma Winstone : voix
Dave Holland : contrebasse
Nikki Iles : piano
James Maddren : batterie
Mark Lockheart : saxophones ténor & soprano
John Parricelli : guitare (3.4.5.7.8)

The London Vocal Project
Pete Churchill : direction

Flora Medlicott, Hannah Berry, Katie Teage, Milena Granci, Aitzi Cofre Real, Becca Wilkins, Andi Hopgood, Anni Delger : sopranos

Lilli Unwin, Ineza Kerschkamp, Immy Churchill, Lydia Bell, Jessica Radcliffe, Nicole Petrus Barracks, Ayesha Pike, Nel Begley, Eliana Veinberga : altos

Chris Eldred,Jeremy Shaverin, Sebastian Singh, Dominic Stichbury : ténors

Pat Bamber, Andrew Woolf, Anthony Marsden, Dani Teal : Basses

Rendre hommage à Kenny Wheeler (1930-2014), c’est en soi une très bonne idée, voire même une nécessité car le musicien et compositeur était par nature si discret que sa musique pourrait bien se retrouver dans les oubliettes du jazz en ces temps dédiés à l’éphémère et au superficiel. Sachant en outre que Norma Winstone et Dave Holland étaient à la manœuvre, nous avions par avance un a priori positif, confirmé (presque sans surprise) à l’écoute. Accompagnés par la fine fleur du jazz britannique et un chœur contemporain éblouissant, The London Vocal Project, les deux leaders offrent donc à la musique du musicien canadien un écrin à sa mesure. L’unité entre le quintet, augmenté sur plusieurs morceaux par la présence guitaristique inspirée de John Parricelli, et le chœur est époustouflante. La musique est riche d’harmonies, spatiale, lyrique sans être jamais outrageusement démonstrative et, pour tout dire, sa réinterprétation nous a paru être une voluptueuse épure, ce qui était peut-être le trait caractéristique de l’univers wheelerien. À écouter sans modération afin d’en saisir toutes les nuances.


https://www.normawinstone.com/
https://daveholland.com/


  AÂMA . Le jour où tout ira bien

Ba Zique

Emma Prat : voix
Bertrand Maïlar : guitare
Julien Girard : piano
Sami Foukani-Descamps : contrebasse
Xavier Pernet : batterie

Porté par la voix intense de l’autrice et compositrice Emma Prat, Aâma évolue dans un espace musical qui secoue les codes habituels avec une originalité notable. Mêlant les influences avec brio, le quintet explore les marges avec une justesse épatante et développe un univers chatoyant qui enveloppe les paroles de la chanteuse ; notons au passage qu’Emma Prat est une véritable autrice qui sait en peu de mots construire une histoire sensible. En outre, ses talents d’improvisatrice ajoutent à l’ensemble une couleur qui fleure bon la liberté, les grands espaces et la profondeur de l’insaisissable. Chaque musicien du quintet est en place et l’interaction entre eux de grande qualité, ce qui donne à l’auditeur au final un son de groupe véritablement homogène. Dédié à sa musique, Aâma propose de la finesse musicale, une originalité bienvenue et rare, un chant global inspiré et habité. Un beau disque, riche de détail, qui ravira les oreilles exigeantes.


https://www.instagram.com/aama.music/?hl=fr