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Le Café Universel : les sortilèges d’Azou

D 9 juin 2007     H 10:02     A Christian Ducasse    


A l’écart des hauts lieux alimentant la légende de la Rive gauche, existe un débit de boisson à nul autre pareil, un théâtre d’apparitions.

Malgré ses néons hollywoodiens, ce "Café Universel" ne paie pas de mine.
Son affiche est quasi invisible, ses artistes semblent rivaliser dans l’anonymat.

Deborah Benasouli
au Cafe Universel en août 2006 photo © Christian Ducasse

Le maître des lieux, l’hospitalier thaumaturge Azou donne le ton. Parfois lui-même ne sait pas vraiment qui se produira en soirée tandis qu’on le questionne à l’heure du thé. L’essentiel n’est pas dans présence d’éventuelles têtes d’affiches même si tôt au tard les fidèles artistes du Café brilleront ailleurs dans les clubs en vue. Comment notre devin marocain parvient-il à dénicher ces talents rétribués par le seul contenu d’un chapeau ? Inutile de lui poser la question. Si tant est qu’il y réponde, Azou vous embarquerait dans un ailleurs improbable.

Deborah et Alexandre Saada
photo © Christian Ducasse

Seule certitude, les chanteuses sont chez elles au 267 rue St-Jacques, un peu trop au goût de certains. Mais pourquoi bouder son plaisir à la jam hebdomadaire du mardi animée par la future diva Deborah Benasouli ? Deborah, une sacrée nature qui a déjà sans que personne n’y prenne garde, un pied à New York. Déborah, la soul sister, et son complice, l’immense et trop discret pianiste Alexandre Saada. Sur le crapaud du Café Universel Saada distribue ses couleurs aux jammeuses sans oublier de bonnes répliques à l’endroit de Déborah. Les anonymes qui défilent dans la bonne humeur ne se doutent de rien, ne s’étonnent pas de la grandeur tout à leur service de ce pianiste.

Linda Sharrock et Stephan Oliva
au Café Universel en décembre 2006 photo © Christian Ducasse

Si le chant prédomine au Café Universel, pourquoi le dissimuler, c’est ici que l’on a entendu et découvert stupéfait des guitaristes hongrois : Gabor Gado et Csaba Palotaï, ou les fulgurants Manu Codjia et Pierre Perchaud. Une longue liste inventorie nombre de divines surprises, comme ces filles saxophonistes, batteuses dont les étoiles brillent à tout jamais au dessus du petit podium.

Chez Azou le miracle n’étonne plus, tel celui de cette fin d’après midi de décembre 2006 quand une afro-américaine donnait la réplique à un beau pianiste comme on discute entre chien et loup. Trouvant ce duo impromptu à son goût un client interpella Azou pour s’enquérir de l’heure du début du concert. Non, ces deux-là ne se produiraient pas ce soir au Café Universel mais étaient bien là « body and soul » : Linda Sharrock et Stephan Oliva.


- Café Universel 267 rue Saint-Jacques 75005 Paris

RER Luxembourg ou Port Royal

bus 21 / 27 / 38

Tarif des consommations à partir de 4,5 €, n’oubliez pas le chapeau.
A noter l’excellente cantine vietnamienne (menu midi et soir à partir de
9 € ) 265 rue St-Jacques, un des très bons plans du quartier.

http://www.myspace.com/cafeuniversel

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